Aujourd’hui, je vais vous parler de quelque chose de très personnel. Certains seront “pour”, d’autres seront “contre”. Mais le but n’est pas d’énumérer les avis des uns et des autres, seulement de parler d’un parcours dans lequel je me suis engagée. Un parcours qui ne fait que commencer, qui est long, semé d’embûches et de doutes. Celui de la chirurgie bariatrique. Dans mon cas, le gastric by-pass ou court-circuit gastrique. Mais pourquoi avoir fait ce choix ?

Le choix de la chirurgie

Une malformation de l’estomac que j’ai depuis ma naissance commençant à ne plus être gérable, malgré les traitements, a été l’élément déclencheur. Depuis environ 3 ans, j’ai des soucis de santé qui partent de ça, qui deviennent plus importants, plus contraignants, plus handicapants et plus inquiétants. Mon idée première était de trouver une solution radicale à ce problème afin de retrouver une vie la plus normale possible. Mon traitement, devenant inefficace s’avère être, en plus, mauvais pour le cœur… Puis il y a un petit peu plus d’un an, la solution du gastric by-pass a été évoquée. Contrairement à la majorité des personnes face à une chirurgie de l’obésité, je n’ai pas eu le choix. Ma malformation de l’estomac a exclu d’emblée la sleeve, totalement contre-indiquée, car elle aurait aggravé mon souci premier.

Cette décision compliquée de me faire opérer, je l’ai prise seule. J’ai fait ce choix pour moi. Je souhaitai n’en parler qu’à un minimum de personne pour ne pas me perdre dans les opinions de chacun. Il est déjà difficile d’y voir clair dans mes propres contradictions, mes propres peurs. Je ne voulais pas être perturbée par les pensées des autres. Ça peut paraître égoïste, j’en conviens, mais il s’agit de ma santé, de ma vie, de mon avenir, pas de celui des autres… La seule personne qui sait tout depuis le début, c’est mon Barbu, normal. Puis assez rapidement, j’en ai parlé à mes parents. Au final, à la veille de cette intervention, peu de personne savent que je vais être opérée et c’est très bien ainsi.

L’intervention

Au moment où cet article sera publié, je serai à quelques instants d’être opérée.

La douleur ne me fait pas peur, par contre, l’anesthésie, oui. Les différentes et longues étapes pour le retour à une alimentation normale (j’entends par là, solide et variée) ne me font pas peur, perdre beaucoup de cheveux à causes des carences, oui. Maigrir ne me fait pas peur, mais réapprendre à m’aimer tel que je serai, oui.

C’est d’ailleurs le point qui m’a le plus perturbé et le plus longtemps, l’idée de devoir me voir à nouveau changer en gardant de l’amour et de la bienveillance envers mon corps et moi. J’ai eu tellement de mal à m’accepter telle que je suis aujourd’hui. J’ai gardé cette appréhension longtemps en moi, sans en dire un mot. Cette peur m’a fait traîner à entrer dans la démarche du bilan de santé…

Il m’a suffi d’oser l’exprimer un jour à une personne qui me connaît très bien et qui m’a dit ” Tu as su le faire une fois, ait confiance en toi, tu sauras le refaire. Je sais que tu y arriveras”. Ces quelques mots ont eu l’effet d’un électrochoc mental ! Cette hantise, qui me freinait, est devenue une source de motivation énorme, un objectif. Elle m’a même ouvert les yeux sur des choses que je n’avais finalement pas si bien acquit dans mon parcours vers le body-positive. Mais je vous en parlerai dans un autre article.

Où j’en suis dans ma tête ?

Pour l’instant, je fais en sorte de me concentrer sur ce que cette chirurgie va changer dans ma vie et non sur l’intervention en elle-même. D’une part, parce que je n’ai aucun contrôle sur le déroulé de l’opération et d’autre part parce que ce ne sera qu’une courte période par rapport à tout ce qui m’attend par la suite. S’engager dans une chirurgie de l’obésité, c’est s’engager dans 5 ans de suivi post-opératoire. Et quand il s’agit d’un by-pass, on s’engage dans une supplémentation à vie ! Je pense qu’il est capital de réfléchir à ce qui m’engage sur le plus long terme. De plus, c’est sur cette partie que j’ai tout à jouer, qui est de ma responsabilité et sur laquelle j’ai du “pouvoir”.

Perdre du poids n’est pas un sprint, mais un marathon. Si je n’avais qu’un seul conseil a donner, ce serait celui-ci. Ne vous lancez pas dans des régimes “miracles” hyper carençants qui vous promettent une perte de poids importante en un éclair. L’alimentation est notre première médecine, notre première source de santé. Il faut en faire une alliée. Manger avec plaisir, mais ayant conscience de ce que le contenu de notre assiette va apporter à notre corps. La façon dont il va remplir nos besoins. Pas uniquement calorique, mais énergétique, pour ne manquer de rien.

Schématiquement, ça va ressembler à quoi cette intervention ?

Pour faire simple, c’est un court-circuit de l’estomac. Mais si en théorie, c’est enfantin, à l’usage, ça nécessite un changement d’hygiène de vie radicale.

(source de l’image)

Pour limiter les carences en vitamines et minéraux tout en respectant la disparition du volume de l’estomac, il faudra que je mange 3 repas par jour et 3 collations. Manger souvent, mais en micro quantités… Tout l’inverse de ce que je fais depuis des années. Sauter des repas était tellement devenu une habitude que je ne mange qu’un à 2 repas par jour et aucune collation. Reprendre de bonnes habitudes alimentaires, rien que ça, avant même la chirurgie, c’est pour moi un travail de Titan.

Reste à voir comment gérer tout ça après…