Depuis plusieurs mois, je suis pleine de doutes et de questions quant à mon blog. Le continuer ou non ? Ai-je encore de la légitimité dans les “combats” que je menais pour le bodypositive, l’amour de soi, le féminisme, la fierté de sa différence, etc. ? Est-ce que j’ai encore des choses à dire et à partager à ces sujets ?

Ces interrogations typiques du manque de confiance en soi, du syndrome de l’imposteur, de ces doutes qui nous rongent lorsqu’on n’est plus sûr de rien…

Depuis mon ByPass en novembre 2018, tellement de choses ont changé dans ma vie, dans ma tête, bien plus que les changements de mon corps. Même si ces derniers sont à l’origine d’une grande dualité au fond de moi.

Mon corps, d’ailleurs, lui qui m’a fait commencer ce blog, où en suis-je avec lui aujourd’hui ?

La dualité, où j’en suis avec mon corps ?

La réponse est assez complexe, car elle ne prend pas en compte uniquement mon apparence. J’ai choisi de me faire opérer pour ma santé, pour me sentir mieux, pour vivre mieux. Sur ce point, la mission est remplie à 200 %. Je me sens revivre et une telle renaissance n’a pas de prix.

Mais d’un point de vue “visuel”, c’est une autre histoire. Je savais qu’en perdant du poids, beaucoup de poids, mon apparence allait changer. Je n’ai pas de problème avec ça et je me reconnais toujours dans le miroir, je sais que c’est moi. Ce qui est plus difficile à accepter, ce sont les stigmates que cette perte de poids a laissé sur ma peau. Distendue, tombante, fripée, mon corps, entre ma poitrine et mes genoux n’est pas du tout en adéquation avec mon âge et celui que mon visage arbore. Et ça, c’est difficile à accepter.

Mon corps est devenu une profonde dualité entre cette sensation de bien-être et de plénitude que je ressens à l’habiter et l’image qu’il me renvoie dans le miroir… Faisant écho à ma volonté d’avancer coûte que coûte et mes peurs qui viennent régulièrement me barrer le passage. J’ai souvent l’impression d’être au centre d’un champ de bataille !

Quand les beaux jours sont arrivés et qu’il a fallu trouver quelques vêtements à ma nouvelle taille et adaptés à la saison, j’ai immédiatement pensé : “rien au-dessus du genou, rien en dessous des manches 3/4” ! Les complexes que j’avais combattus pendant des années étaient revenus de plus bel ! Tout, était-il à refaire ?

Quand tes vieux démons reviennent !

Tu relâches la pression quelques mois et bim, ça revient en plein visage ! S’aimer tel qu’on est est un combat de tous les jours. Une rechute est vite arrivée. Il faut vraiment garder le cap. Je n’avais jamais autant rechuté depuis que j’avais appris à m’aimer avec mon corps tout en rondeur.

Malgré tout, après avoir pensé qu’il fallait que je me cache, j’ai repensé à toutes ces années où je ne me posais plus ces questions. Où je me montrais telle que j’étais, sans honte, ni complexes. C’était tellement reposant de ne pas à avoir à me battre contre moi-même ! Alors j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai choisi de ne pas me laisser dominer par mes peurs. Je n’avais pas envie de leur donner à nouveau des lettres de noblesse. Elles avaient réussi à me quitter pendant quelques années, à moi de les exorciser et les chasser à nouveau. Personne ne va le faire à ma place. Alors je n’ai pas cédé, tenues et manches courtes ont intégré mon placard pour cet été !

Suis-je guérie ?

Malheureusement, non. Lorsque je me regarde dans le miroir, je ne suis toujours pas adepte de mon reflet… Je ne vais pas mentir. Mais je m’efforce d’assumer, ça fait désormais parti de mon histoire, de mon vécu. Peu importe ce que les gens pensent, l’essentiel, c’est que je me sente bien. Et même si je ne suis pas fan de mes bras et de mes cuisses qui pendouillent, quand je porte des vêtements que j’aime, je me sens plus forte et plus confiante. Les “bénéfices” de la tenue qui me plaît sont plus important que les doutes que mon corps génère. Le bien-être pesant plus dans la balance de mon esprit, je le priorise, même s’il ne m’empêche pas de douter de moi par moment. Même si mon corps, je ne l’aime pas tel qu’il est, il continue de me porter, de me faire faire ce que j’ai envie, de me permettre d’avancer. Il est fonctionnel et c’est une chance énorme.

Quand je marche dans la rue avec une petite robe que je trouve canon, elle me donne l’assurance de pouvoir démolir un char d’assaut. Alors même si mes cuisses sont fripées et ma bras bloblottants, ils m’aideront bien à y parvenir !

Nos complexes sont forts, je l’admets, ils savent se faire persistants ! Mais je dois tout faire pour être bien plus forte qu’eux ! Afin qu’ils ne m’empêchent pas de vivre.

(Soirée de présentation de l’association Visages de Femmes )

Que faire de cette dualité ?

En soi, il n’y a rien de vraiment extraordinaire, chacun de nous est tiraillé par cette dualité au fond de lui. La quête de l’équilibre et de l’harmonie avec soi-même est le travail d’une vie. Ce qui me pose problème dans ce cas précis où je bataille avec mon image, c’est que j’ai déjà mené ce combat. Il y a donc un aspect très frustrant d’avoir à tout recommencer. Une déception d’avoir rechuté.

J’ai encore un bon bout de chemin à faire pour me sentir en paix avec moi-même. Je pense avoir encore bien des choses à dire et à partager sur le sujet…

Le cliché qui illustre cet article est une photo qui me touche énormément de l’artiste Joanna Watala. Ces deux femmes sont Sylwia et Wiki, qui, chacune lutte contre des maux qui peuvent sembler très différents, mais qui en réalité, sont identiques…